Grande interview des auteurs Dobbs et Aurélien Morinière de la belle BD Alastor des éditions Oxymore. Venez tout découvrir sur les coulisses de la création d’ « Alastor de SombreGarde – tome 1 », et qui sont ses auteurs Dobbs le scénariste et Aurélien Morinière le dessinateur, ainsi que leur passion le JdR ! En fin d’article quelques planches pour vous donner le goût (cliquez dessus pour les agrandir) et toute l’interview sont ci-dessous ! :O <3
Et c’est la vraie vie… avec le plaisir de rencontrer des rôlistes et de voir comment leur passion ressurgit dans leur travail d’auteurs de BD et les coulisses de création de cette BD. Cette dernière peut vous inspirer une campagne médiévale-fantastique et voire un univers complet vu sa richesse ! Cet excellent tome 1 d’Alastor de Sombre Garde, tant sur le fond avec son intrigue qui vous tient en haleine, que sur sa forme avec ses magnifiques illustrations, est déjà paru et vous attend en librairie ! :O <3

L’INTERVIEW a eu lieu le 16 février 2026 et la voici :
NURTHOR : Bonjour Dobbs et Aurélien Morinière. Merci de vous présenter à nos lecteurs et lectrices de mon Blog (https://nurthor.fr) qui ne vous connaissent pas.
Dobbs : Bonjour. Je suis scénariste en audiovisuel (podcast historique, cinématiques de jeu vidéo, concepts en animation, pubs…) et surtout en bande dessinée. J’ai débuté il y a plus de 20 ans au Journal de Mickey pour du gag en planche et je faisais le grand écart en écrivant des suppléments trash de JDR, notamment sur la gamme COPS d’Asmodée. Accessoirement, j’ai aussi été enseignant en histoire du cinéma et de la BD pendant plus de 20 ans…
Aurélien Morinière : Bonjour. Je suis dessinateur de Bande dessinée depuis 25 ans. J’ai donné mon trait à des univers très variés, de la jeunesse au thriller horrifique en passant par la fresque romanesque et historique. Je suis également illustrateur et, plus occasionnellement, artiste peintre.
NURTHOR : Les éditions Oxymore viennent de publier leur dernière BD « Alastor de SombreGarde – tome 1 » dont toi Dobbs est le scénariste et toi Aurélien Morinière le dessinateur. Quelle histoire nous racontez-vous dans cette BD ?
Dobbs : C’est un peu Don Quichotte version gothique, une dark fantasy qui nous fait suivre le voyage retour d’un chevalier de la mort rejoignant sa dulcinée qui l’attend dans sa forteresse noire. Une épopée tragi-comique en très mauvaise compagnie, chapitrée comme l’étaient les gestes mais aussi les romans picaresques.
Aurélien Morinière : Oui nous suivons un équipage assez hétéroclite qui, dans un contexte de guerre perdue d’avance (et déjà perdue en fait), pourrait se tourner vers le drame, mais qui, par le caractère bien trempé des personnages, nous emmène dans des situations qui prêtent souvent à sourire.
NURTHOR : Sans nous divulgacher la suite, d’où vient le nom du ténébreux, tragique et poisseux anti-héros Alastor de Sombre Garde, ce chevalier de la mort revenu de l’au-delà ? Et de ses comparses les deux frères gobelins Guulghar le moine combattant et alchimiste et son frère sorcier mage dont il ne reste qu’un crâne sur un bâton ? Et qu’est cette fameuse Sombre Garde ?
Dobbs : Alastor est un nom qui revient de loin, un nom que j’avais utilisé dans un très vieux projet qui n’avait rien à voir, mais qui comportaient déjà à l’époque nombre de mésaventures… Le nom vient des mythes grecs (entre autres), notamment un cheval noir du dieu Hades. Guulghar est le nom d’un de mes anciens PJ, un moine-gobelin que j’ai joué plusieurs années. Quant à la Sombre Garde c’est une création, une sorte de caste mercenaire recrutant et utilisant des individus au sombre destin pour servir le Mal, mais avec panache.

NURTHOR : Comment vous est venue l’idée de cette BD et de cette sombre histoire ? Est-ce un vieux projet ? Est-ce en partie une « histoire vécue » ou une campagne de Donjons & Dragons autour d’une table de jeu de rôle ?
Dobbs : L’idée première c’était vraiment de faire le récit de survivants du Mal après une grande bataille qu’ils ont perdue, n’aspirant qu’à une chose : rentrer chez eux après la peignée qu’ils ont prise. Bref, raconter le vécu de badguys de manière réaliste en hommage à la dark fantasy de Michael Moorcock (Elric le Nécromancien), de Fritz Lieber (Le Cycle des Epées) ou bien encore Glen Cook (La Compagnie Noire), là où les anti-héros sont pris dans leurs propres tourments… Il y a plusieurs personnages issus de différentes campagnes de JDR (Chroniques oubliées fantasy, Rêve de dragon, Dungeon World) mais cette BD n’est pas l’adaptation de parties ou de campagnes.
NURTHOR : Si la BD Alastor de SombreGarde, n’est pas « tirée » d’une campagne de jeu de rôle, elle pourrait aisément inspirer une belle aventure de jeu de rôle avec un peu de travail d’un MJ (maître de jeu). En effet, l’intrigue de la BD semble bel et bien tirée d’une aventure de jeu de rôle que vous auriez jouée, seriez-vous rôlistes confirmés ou justes amateurs de JdR, si oui lesquels ?
Dobbs : Elle pourrait être adaptée, tout comme le monde organique qui entoure les personnages… tout comme la Sombre Garde elle-même comme concept central (pour mettre ensemble des joueurs mercenaires triés sur le volet entrant au service d’un Seigneur du Mal dans un nouveau monde façonné par les forces du Bien). J’ai plus de 35 ans de JdR derrière moi en ayant commencé par L’œil noir et JRTM, les idées ne manquent pas sur des visions transversales de la Sombre Garde. En fait, nous sommes en pourparlers avec un éditeur de JdR qui s’est dit intéressé. Stay tuned, on verra où ça nous mènera…
Aurélien Morinière : Pour ma part, j’ai beaucoup joué Il y a de nombreuses années. J’avais même conçu un univers et des règles assez complexes à l’époque mais cela fait bien longtemps que je n’ai pas lancé un D20. Mais je ne serais pas contre le fait de remettre ça avec la Sombre garde.
NURTHOR : Dobbs comment opères-tu pour écrire ton scénario ? Imagines-tu et écris-tu la trame de ton histoire du début à la fin ou laisses-tu de la place à de la création lorsque tu dessines ? Fais-tu des storyboards ? Ou utilises-tu d’autres techniques ? Quelle est la technique Dobbs ?
Dobbs : On commence toujours par un synopsis court qui va servir au dossier éditorial. Il peut encore évoluer en pagination, chapitres etc pour ensuite obtenir un synopsis détaillé paragraphé qui servira au découpage page par page, image par image comme pour un film. J’ai pas mal travaillé avec des storyboarders donc on parle le même langage cinématographique avec les auteurs de BD. Avec Aurélien, en échangeant tout le temps, on a pu trouver une méthode organique souple : en le regardant travailler en direct sur Twitch par exemple, certains personnages ou passages m’ont donné d’autres idées et des chapitres se sont transformés pour leur donner plus de places.

NURTHOR : Aurélien, comment dessines-tu (note dans un carnet, puis croquis puis encre de chine scannée et ordi ou ordi direct ?) et sur quel support ou matériel (tablette, ordi, chevalet, …) ? Te faut-il une ambiance, une musique, une heure ou un lieu spécifique pour créer tes illustrations ?
Aurélien Morinière : Je jette d’abord quelques croquis des personnages sur un carnet au stylo à billes. Puis je les développe avec de nombreux échanges avec Dobbs en numérique (tablette + ordi). Une fois qu’on s’est mis d’accord, j’attaque le storyboard (qui est aussi mon crayonné) directement en numérique sur Krita puis encrage et couleur toujours sur Krita. En termes d’ambiance, je travaille toujours en musique mais je n’ai pas besoin d’une ambiance spécifique lié à l’univers que j’illustre. J’écoute les musiques que j’aime qui sont de style très varié. Mais souvent relativement calmes. Et je travaille aussi presque systématiquement en direct sur ma chaine Twitch. Cela me permet une hygiène de travail et m’oblige à me concentrer sans divaguer de droite et de gauche.
NURTHOR : Comment choisis-tu les couleurs qui sont ici (dans Alastor de Sombre Garde) idéalement au service de l’intrigue et qui facilitent parfaitement l’immersion dans l’intrigue ?
Aurélien Morinière : J’essaye de marquer assez clairement les passages d’une scène à l’autre et d’un biome à l’autre avec des palettes bien définies. Pour une scène, lorsque je vais commencer la mise en couleur, j’essaye d’imaginer une tonalité globale et je tâche de m’y tenir. Je souhaitais, pour ce projet, ne pas verser dans des tonalités trop grises que la dark fantasy pourrait inspirer. Je voulais une amplitude colorée plus vaste sans pour autant proposer des ambiances pop qui ne colleraient pas à l’univers. Le fait de changer d’ambiance colorée régulièrement permet également d’induire une temporalité inhérente au voyage puisque nos personnages sont dans une sorte de road trip.
NURTHOR : Alastor de Sombre Garde est prévu en deux tomes, pouvez-vous nous pitcher sans divulgâcher ce qui attend nos anti-héros le chevalier de la mort cynique Alastor et ses deux comparses gobelins dans le tome 2 ?
Dobbs : Notre infame gentilhomme va poursuivre sa route pour essayer d’atteindre les terres écarlates et revoir enfin sa dulcinée Lilith. Mais c’est sans compter certains vestiges de la Sombre Garde qui vont refaire surface à travers des lieux oubliés, de nouvelles alliances ambiguës et surtout des choix irréversibles pour la survie de la Garde… Il y aura des chants, de la sueur, du sang, des rires et des larmes.
Aurélien Morinière : Il y a beaucoup de questions en suspens à la fin du tome 1. En vérité il n’y a guère que des questions. Il y aura des réponses. Notamment nous en dévoilerons plus sur la sombre garde évidemment. Mais cette pérégrination n’est pas qu’un voyage vers un lieu défini dès la départ de cette aventure. Dans destination, il est question de destin. Est-ce qu’arrivé à destination (s’ils y arrivent) nos personnages rencontreront le destin escompté ? Nous répondrons aussi à cette question.
NURTHOR : Alastor de Sombre Garde est prévu en deux tomes mais reverra-t-on votre sombre héros, ou d’autres membres de sa lignée ou de la BD (comme ses compères gobelins), dans d’autres aventures ou plutôt BD ?
Dobbs : On l’espère sincèrement. Notre premier objectif était que les lecteurs aient de la peine à quitter nos anti-héros. Hélas c’est chose faite pour nous aussi, nous avons du mal à le faire. Nous aimerions beaucoup développer d’autres diptyques se déroulant avant ou après Alastor,
Aurélien Morinière : Évidemment, ce type d’univers inspire énormément et permettrait d’aller plus loin et avec d’autres compagnons. Et nous nous y attachons effectivement. Nous verrons où cela nous mène.

NURTHOR : J’imagine que vous avez d’autres idées pour d’autres projets en cours ou à venir ? Pouvez-vous nous en parler ou nous en teaser même que vaguement un ou deux ?
Dobbs : une nouvelle anthologie BD historique après 13 Batailles, 13 Capitaines, en cours d’élaboration avec les dessinateurs et qui devrait sortir fin d’année. Un gros podcast historique sur la catastrophe maritime du naufrage de la Méduse… des projets BD en medfan, histoire et thriller… et un système de jeu de rôle testable bientôt, ça fait déjà une belle année en devenir sans compter le futur de la Sombre Garde…
Aurélien Morinière : J’ai un projet en cours d’une BD de folk horror chez Delcourt. C’est scénarisé par Richard Dansky et Matz et ce sera un one shot en noir et blanc de 120 pages. « Bridgewater triangle » sortira en janvier 2027. J’ai d’autres projets en préparation, notamment l’histoire d’un cénacle de vampires et d’une vieille bâtisse avec Eric Corbeyran au scénario et puis j’ai des idées de projets solo donc je parlerai le moment venu.
NURTHOR : Merci Dobbs et Aurélien Morinière pour ces échanges et surtout bon vent à Alastor de Sombre Garde qu’il trouve son public dans sa sombre quête, puis enfin le repos qu’il semble avoir mérité. Ce qui semble être le cas vu que la BD connait déjà une 2e impression ! Bravo à vous deux et merci pour cette sombre et belle aventure aux côtés d’Alastor !











